Matériel informatique · 23 septembre 2026
« Le serveur, on le garde encore un an. » Depuis quelques mois, on entend cette phrase presque à chaque visite chez nos clients du Pays Basque. Le serveur a sept ou huit ans, la garantie est finie depuis longtemps, mais le devis de remplacement a pris plusieurs milliers d'euros en un an. Alors on attend, et on croise les doigts.
Ce n'est pas un vendeur gourmand. Depuis la fin 2025, les prix des serveurs, des ordinateurs, des disques SSD et de presque tout ce qui contient une puce mémoire ont grimpé. Voici pourquoi, et ce que ça change pour une petite entreprise.
Que se passe-t-il exactement ?
Il manque de la mémoire informatique dans le monde, et c'est l'intelligence artificielle qui l'aspire. La mémoire vive (RAM) et le stockage (les puces des SSD) sont présents dans tous les appareils. Quand leur prix explose, tout le reste suit.
+90 à 95 %
Sur le seul premier trimestre 2026
C'est la hausse du prix de la mémoire vendue aux fabricants entre janvier et mars. Elle a repris près de 60 % au trimestre suivant.
+13 à 18 %
Encore cet été
La hausse ralentit au troisième trimestre mais continue : 13 à 18 % pour la RAM, 10 à 15 % pour les puces des SSD.
+17 %
Sur les prix catalogue de Dell
Appliqués fin mars sur les PC et serveurs professionnels. Lenovo et HPE ont relevé leurs tarifs de 10 à 15 %.
Pourquoi l'IA fait grimper le prix de mon ordinateur ?
Parce que les mêmes usines fabriquent la mémoire des serveurs d'IA et celle de votre PC, et que l'IA paie beaucoup mieux.
Trois entreprises produisent l'essentiel de la mémoire mondiale : Samsung, SK Hynix et Micron. Les géants de l'IA construisent des centres de données à un rythme jamais vu. Leurs serveurs utilisent une mémoire spéciale, très rapide et très chère, appelée HBM.
Pour un fabricant, le calcul est simple : une puce HBM rapporte bien plus qu'une barrette pour un portable de bureau. Alors il réoriente ses lignes de production. Les grands groupes technologiques réservent jusqu'à 70 % de la capacité disponible, souvent sur plusieurs années.
L'exemple le plus parlant : la fin de Crucial
Micron a arrêté début 2026 sa marque grand public Crucial, présente depuis près de 30 ans dans les magasins d'informatique. Motif officiel : mieux servir ses « clients stratégiques ». Autrement dit, l'IA.
Pourquoi les serveurs sont-ils les plus touchés ?
Parce qu'un serveur embarque beaucoup plus de mémoire qu'un PC. Là où un poste de travail a 16 Go, un serveur de PME en a souvent 64 ou 128. Une barrette de 32 Go pour serveur se négocie désormais au delà de 1 000 euros, et certaines configurations mettent plusieurs mois à être livrées.
Photo : Liam Briese, Unsplash
Les smartphones, NAS, tablettes et cartes graphiques suivent le même chemin. Sur l'entrée de gamme, certains fabricants gardent le prix mais mettent moins de mémoire dedans. Le prix affiché ne bouge pas, mais l'appareil vieillira plus vite.
Pourquoi les usines ne produisent pas simplement plus ?
Parce qu'une usine de puces met deux à trois ans à sortir de terre, pour des dizaines de milliards. Les nouvelles usines de SK Hynix et Samsung ne tourneront pas à plein avant mi 2027 pour la première, 2028 pour la seconde. La production 2027 est déjà en grande partie réservée.
Et les fabricants n'ont aucune envie de surproduire. Ils ont perdu beaucoup d'argent en 2023 quand les prix se sont effondrés. Une pénurie, pour eux, c'est confortable.
S'y ajoutent la fin de Windows 10, qui a poussé beaucoup d'entreprises à renouveler en même temps, les grands comptes qui stockent en prévision de 2027, et les taxes douanières sur des composants presque tous fabriqués en Asie.
Qu'est-ce que ça change tout de suite pour une PME ?
Les budgets explosent
Un PC portable pro à 900 € il y a un an tourne plutôt autour de 1 050 € aujourd'hui. Sur cinq postes, c'est 750 € de plus.
Les devis ne tiennent plus
Les fournisseurs limitent la validité à quelques jours. Hésiter trois semaines, c'est parfois payer plus cher.
Le piège de l'entrée de gamme
Pour tenir un prix, certains PC sortent avec 8 Go de RAM. C'est trop juste pour un poste qui doit durer cinq ans.
Les mises à niveau coûtent plus cher aussi
Ajouter de la RAM à un vieux PC n'est plus l'astuce bon marché qu'elle était.
Garder son vieux serveur, est-ce un bon calcul ?
C'est une économie à court terme, mais un pari risqué. Un serveur qui a dépassé sept ou huit ans cumule les fragilités.
La panne
Disques, alimentation, carte mère : les pièces s'usent. Et sur un vieux modèle, les pièces de rechange deviennent rares, donc longues à trouver.
L'arrêt de l'activité
Quand le serveur tombe, c'est souvent toute l'entreprise qui s'arrête : fichiers, comptabilité, logiciel métier.
L'obsolescence
Le support de Windows Server 2016 s'arrête le 12 janvier 2027. Après, plus aucun correctif de sécurité. Un serveur non mis à jour est une porte ouverte aux rançongiciels.
La compatibilité
Les logiciels métier finissent par ne plus tourner sur un système trop ancien.
Si vous décidez de le garder, faites-le les yeux ouverts
Vérifier l'état des disques, avoir une sauvegarde externe testée (pas seulement programmée), savoir combien de temps vous pouvez tenir sans lui, et prévoir un plan de remplacement plutôt que d'attendre la panne. C'est exactement ce que couvre un contrat de maintenance et d'infogérance.
Et si les prix ne redescendent jamais vraiment ?
Les fabricants n'annoncent pas de détente avant fin 2027 ou 2028, et SK Hynix parle même de 2027 comme de « la pire année ». Même après, rien ne garantit un retour aux prix de 2024. Si ça dure, voici ce qui risque de changer.
On gardera le matériel plus longtemps
Six ou sept ans au lieu de quatre ou cinq. Il faudra bien choisir au départ, et entretenir.
Le cloud va augmenter aussi
Hébergeurs, logiciels en ligne, sauvegarde externalisée : ils achètent les mêmes serveurs et répercuteront la hausse.
L'écart se creuse avec les grands groupes
Ils négocient leurs volumes des années à l'avance. Une PME de dix personnes achète au prix du jour.
Le reconditionné devient une vraie option pro
Plus seulement un plan B, mais un choix raisonné pour une bonne partie des postes.
Le reconditionné, la réponse la plus simple
Un PC reconditionné professionnel coûte souvent 30 à 50 % de moins qu'un neuf équivalent, pour des machines conçues pour durer : gammes entreprise, robustes, faciles à réparer.
Photo : Revendo, Unsplash
Chez HIRICOMINFO, nous proposons du matériel informatique reconditionné testé, préparé et garanti, installé par nos soins. Pour un poste d'accueil, d'atelier ou de bureautique, c'est souvent le meilleur choix du moment. Et vos anciens PC peuvent parfois repartir comme postes d'appoint plutôt que finir à la déchetterie.
Nos conseils, en bref
1
Ne pas attendre une baisse si le besoin est réel
2027 ne s'annonce pas plus favorable.
2
Faire l'inventaire du parc
Âge des machines, garanties, fin de support des systèmes.
3
Ne pas acheter sous-dimensionné
16 Go de RAM minimum pour un poste qui doit durer.
4
Étaler les renouvellements
Plutôt que tout changer d'un coup.
5
Mixer neuf et reconditionné
Selon l'usage de chaque poste.
Questions fréquentes
Ce que l'on nous demande en ce moment
Les prix de l'informatique vont-ils baisser en 2027 ?
Peu probable. Les fabricants de mémoire ont déjà vendu une grande partie de leur production 2027, et les nouvelles usines ne tourneront pas à plein avant fin 2027 ou 2028.
Faut-il acheter maintenant ou attendre ?
Si le besoin est réel (machine en fin de vie, plus de mises à jour), mieux vaut acheter maintenant. Attendre expose à de nouvelles hausses et à des délais plus longs.
Peut-on garder un serveur de plus de sept ans ?
Oui, temporairement, à condition d'avoir une sauvegarde externe testée, un système encore mis à jour et un plan de remplacement. Sans ça, une panne peut arrêter toute l'entreprise.
Le reconditionné est-il fiable pour une entreprise ?
Oui, s'il est acheté auprès d'un professionnel qui le teste et le garantit. Pour la bureautique, c'est souvent le meilleur rapport qualité prix du moment.
Un serveur qui vieillit, un parc à renouveler ? Parlons-en.
Nous faisons le point avec vous sur votre matériel : ce qui peut encore tenir, ce qu'il faut sécuriser, et ce qu'il vaut mieux remplacer, en neuf ou en reconditionné. Au magasin d'Espelette ou directement dans vos locaux.